T’es pas game!

T’es pas game!

Tu regardes, tu épies et tu écoutes.

Maintenant je veux que tu disparaisses comme Marie, l’héroïne de ton roman.

Je veux que tu changes ton message d’accueil sur ton répondeur. Tu pourrais par exemple dire : «  Le numéro que vous avez composé n’est plus en service ».

Tu ne dois plus répondre à tes courriels pendant 5 jours, sauf aux miens!

Je veux aussi que tu caches ton iPhone dans un tiroir et que tu l’oublies pendant 3 jours.

Tu dois également ne plus utiliser Internet pendant quelque temps. Tu sais, si ce n’était pas d’internet, j’aurais réellement disparu pendant 2 mois.

Mais le plus important et non le moindre, je veux que tu déguises, comme tu le souhaites, et que tu essaies de ne pas te faire reconnaître par des gens que tu connais.

Vous avez chaud, j’ai frette…

Vous avez chaud, j’ai frette…

OK! OK! Il faut chaud à Montréal…

Depuis quelques jours, tout le monde me dit : « J’ai chaud… »

Ben moi j’ai une plage, de l’eau, de magnifiques paysages, mais en moyenne il fait 7 degrés. Les Inuits me disent : « ça fait longtemps qu’on a pas eu un été aussi froid ». YEAH! Il fallait que ce soit quand je suis là.

Bon, il n’y a pas de moustiques pour le moment. Quand il fait froid, ça se reproduit pas ces petites bêtes-là. C’est pas plus mal, car si en plus de geler je devais me faire pomper le sang par des moustiques de la grosseur d’un taon, là je vous promets que je trouverais ça moyen. J’ai l’âme d’une aventurière, mais de là à me faire vider de mon sang par un petit truc noir avec des ailes et non par un super beau vampire… (Ben quoi? Ils sont pas laids du tout dans True Blood. Je dois bien me divertir et j’ai le câble ici!)

La température ne m’aide pas tellement pour faire mon projet… Des rafales à plus de 60 km/h ,7 degrés et de la pluie. OK, je peux faire des trucs avec cette température. Mais là ce n’est pas la température dont j’ai besoin pour mes photos. Depuis 3 jours, je prie le petit Jésus, ça l’air qu’il ne m’entend pas. Peut-être parce que ça fait un boute que je ne suis pas allée me confesser. Je réfléchis et il me semble que je n’ai rien fait de grave. Dimanche dernier, je suis même allée à la messe. Je n’ai rien compris, mais je me suis mise à genou quand tout le monde le faisait et ainsi de suite. Le petit Jésus est polyglotte il me semble. Bref… Mon problème est toujours là.

Je n’ai jamais autant été connectée sur le canal météo. Mais la meilleure façon de connaître la météo c’est de demander aux Inuits. Ils regardent le ciel, d’où vient le vent et te disent s’il va pleuvoir ou pas et c’est vrai. Je me suis donc souvenue des prédictions météorologiques de mon père. Je me suis dit : « Je viens du fin fond de la campagne, j’ai appris à lire les signes. » Je me suis ainsi remémoré des phrases que disait mon père ou mon grand-père: « si les vaches sont couchées, c’est qu’il va pleuvoir. » Pas vue de caribous couchés dans le champ d’à côté. »  « Si les feuilles sont retournées, c’est que la tempête va venir.» La toundra ça bouge pas beaucoup. Mon père disait aussi : « Lorsque le soleil se couche et que tout est rose et rouge, il va faire beau le lendemain ».  Bullshit, regardez ma photo d’hier, le ciel est tout rose, et ce matin : pluie. Je vais plutôt me fier aux gens d’ici au lieu d’essayer de  jouer au météorologue.

De « Young people » à « Une princesse de l’arctique »…

De « Young people » à « Une princesse de l’arctique »…

De toute façon je ne l’aimais pas ce titre.

Après de nombreuses balades à la découverte des chiens, des recettes médicinales et d’une visite à l’hôpital, je n’ai pas réellement avancé sur mon projet. J’avais plein d’images dans ma tête. J’avais envie de conquérir l’arctique avec mon appareil au cou. Bon après deux semaines, je me calme un peu. « OK, c’est pas si facile que ça. »

Malheureusement pour mon projet, je ne suis pas photographe paysagiste, je prends presque pas de photos quand je suis en vacances.  Certes, je suis capable de faire des photos de paysages, mais à un moment donné je me tanne… Des oiseaux, des roches, des collines, des plantes et encore des oiseaux. Je préfère garder ces images-là dans ma tête.

Bon pour le projet, une idée m’est venue. Je me suis dit : « pourquoi ne pas utiliser un conte ou une légende d’Inukjuak. » J’ai cherché auprès d’aînés des histoires du village à me mettre sous la dent. Question de me simplifier la tâche, je cherchais une histoire qui parle d’une femme héroïne.

Des fois, je ne réfléchis pas tellement : ça ne fait même pas 35 ans que le village existe! (constitution : 7 juin 1980). Je ne me dis pas bravo sur ce coup.. Des contes et légendes sur un village qui a à peu près mon âge… Et des histoires de femmes… Ben je n’en ai pas encore trouvé, les aînés n’en avaient pas à propos d’une femme héroïne (petit détail, j’ai eu l’aide d’un interprète, car non je ne parle pas inuktitut après deux semaines). Je me rends compte que ça ne marche pas ce que je veux faire, je dois trouver de nouvelles idées, du moins une bonne idée. Parce que le projet avec les ados, ben ça marche pas non plus.

Me voyant stressée et dans ma tête, Mary me propose d’aller rejoindre son mari avec elle au shack, il est en train d’installer le filet à pêche. YEAH! Je me suis dit : « je vais faire de la photo d’humain en action. Si je ne trouve pas d’idée j’aurai quand même fait un peu de photo autre que du paysage ».  Ride en VTT et découverte d’un nouveau coin. Le filet est déjà installé. « Zut mes photos! » Je suis un peu sur le cul, le paysage est à couper le souffle. Ben devinez quoi, j’ai fait de la photo de paysage…

Pour en revenir au projet, je me suis quand même vidé l’esprit en respirant l’air marin assis sur une roche à la plage, il ne manquait que quelques degrés pour que tout soit parfait. Je n’avais jamais pratiqué la plage en été avec ma tuque. Je pense à mon plan numéro 2… Je vais la faire mon histoire, je vais la créer mon héroïne, ma princesse de l’arctique. Je fais tout le temps ça, inventer des histoires. Wow! C’est que j’aurais presque du génie aujourd’hui…

Ça va se débloquer, je crois… Je dois trouver les éléments qu’il me faut. Des canards en plastique, des lampes ancestrales, des ulus, un parka avec du poil et ben d’autres affaires. Et là je crois que je vais bien faire rire les Inuits parce que je veux faire une scène d’hiver et il n’y a pas de neige. Je vais en fabriquer.

Mal d’oreille

Mal d’oreille

Je vais devoir aller à la chasse aux phoques!

Depuis trois jours j’ai un mal d’oreille qui me tenaille les circuits du cerveau. J’ai essayé les gouttes de la pharmacie, les pompes et tous ces machins, mais rien à faire, j’ai toujours mal. Je crois que c’est le vent et le froid qui ont eu raison de moi. Car si vous ne le saviez pas, il existe peu de jours où le vent ne souffle pas ici. Je suis tout près de la mer, entendez la baie James.

Je suis un peu inquiète pour mon souhait d’aller à la pêche aux phoques. Lors de  mes nombreuses excursions et balades quotidiennes, je n’ai pas vu l’ombre d’un phoque. Pas même un petit bout de museau qui sort de l’eau et pourtant j’ai pratiqué l’appel du phoque. Ils ont peut-être peur de moi. Toutefois, j’ai trouvé la plume d’oiseau qu’il me faut.

oiseau

Sur le site d’Avataq, je trouvé la solution à tous mes maux :

On fabrique des gouttes pour les oreilles avec de la graisse de phoque crue, bouillie ou rance. Bien effilée, c’est l’extrémité d’une plume d’oiseau qui servira de pipette. On dit de ce traitement qu’il est bien plus efficace que les médicaments « modernes », mais on doit l’administrer avec soin. Une Inuk nous a raconté qu’un jour qu’elle avait versé des gouttes d’huile dans l’oreille d’un patient, il en était sorti une fourmi, ce qui l’avait bien étonnée.

De plus, si je réussis à trouver le phoque qu’il me faut, il me sera utile pour plein d’autres bobos. Pas que j’ai envie d’être malade ici, mais j’aurai tout ce qu’il me faut le moment venu.

Médecine traditionnelle : La graisse de phoque

On a appelé la graisse de phoque la pénicilline naturelle du Nord, et cela semble bien vrai puisqu’en médecine traditionnelle, on s’en sert plus que tout autre produit animal ou végétal. Elle est plus efficace, plus utile et plus répandue que d’autres graisses animales comme celle du caribou ou de l’ours; on peut s’en servir crue, bouillie ou même rance.

Lorsqu’on tue un phoque, la graisse destinée à l’usage médicinal doit être finement tranchée plutôt que pressée. On tente de préserver les parties qui contiennent le plus d’huile, soit le cou en été, et les hanches en hiver. La graisse doit être bien propre, sans viande, sang, ni poussière.

Bien que l’espèce de phoque importe peu, on semble préférer la graisse du phoque barbu, de préférence très jeune. En général, on se sert de la graisse provenant d’un mâle pour soigner une femme et vice versa.

La graisse de phoque sert souvent à traiter les infections cutanées. Appliquée en tranches minces ou frottée sur la peau, elle guérit efficacement les coupures, les brûlures, les blessures, et l’impétigo, sans compter qu’elle arrête l’épanchement du sang. On peut la mâcher pour soulager les maux de gorge; versée au compte-goutte, elle guérit la cécité des yeux et les maux d’oreilles.

Jobie Cookie raconte l’histoire suivante pour prouver l’efficacité de ce remède. « Quand j’étais enfant — Ô! nous étions tous de petites pestes —, quelqu’un m’a fendu le doigt d’un coup de hache par accident. Mon doigt tenait à peine par un petit bout de peau. Nous y avons frotté de la graisse de phoque, et cela a mis tout un hiver à guérir. Mais le voilà… Si cela arrivait aujourd’hui, je vous parie qu’on me l’amputerait. »

On peut aussi faire bouillir la graisse de phoque. Certains la laissent mijoter jusqu’à ce qu’elle soit noire car « plus ça mijote, meilleur c’est », nous dit-on. Pendant la cuisson, on teste la température avec une aile d’oiseau dont on place l’extrémité dans la graisse; si elle brûle, l’huile est prête. On conserve la graisse bouillie dans des viscères d’animaux (l’estomac, la gorge, les nageoires) que l’on conserve dans un endroit frais. On en absorbe à la cuiller pour combattre la toux ou faciliter la respiration. Parfois mêlée à des feuilles de thé du Labrador, on la frotte sur la peau pour traiter les engelures, les rhumes et les malaises généraux, mais on doit en ingérer pour qu’elle soit vraiment efficace.

La graisse rance mâchée et mélangée à du duvet de lagopède peut traiter les coupures; en gouttes, elle est efficace contre les maux d’oreilles.

Extrait tiré du site de l’Institut culturel Avataq : Médecine traditionnelle : La graisse de phoque

J’aime ça moi les chiens…

J’aime ça moi les chiens…

Un de ses soirs que je m’ennuyais de mon chien et où j’entendais ceux d’ici hurler à la lune qui n’est pas là, j’ai vu, devant ma fenêtre, passé un merveilleux petit malamute d’à peine deux mois.

Dans mes balades quotidiennes (plusieurs par jour!), je croise beaucoup de chiens. D’ailleurs, j’ai toujours un caillou dans ma poche droite au cas où ils aimeraient faire un gigot de ma jambe. (Ça fait partie des 428 recommandations et conseils que j’ai reçus.)

Je ne suis pas réellement surprise d’en voir en si grand nombre surtout que j’en croise autant près de la maison à Montréal. Le chien est important pour les Inuits, il a longtemps été et il est toujours son fidèle compagnon de route et d’excursion. Sa fourrure sert régulièrement à la confection de vêtements. Sans compter que le chien a également des pouvoirs curatifs. Pour ceux qui souffrent de furoncle, de verrue ou d’autres trucs du genre, voilà ce que vous devez faire. Par contre, comme vous allez le remarquer, il faut des ingrédients un peu particuliers. Je vous suggère d’aller au boucher du coin pour peut-être trouver de la peau de caribou…

Médecine traditionnelle : Le chien

S’ils ne sont « ni trop mous, ni trop durs » et proviennent d’un animal en santé, des excréments de chien enveloppés dans une peau de caribou et un linge peuvent servir à faire suppurer un furoncle. Réchauffés et frottés directement sur la peau, ils agiront contre les engelures et l’impétigo. Ils servent aussi à « exorciser » le bourbillon d’un furoncle; en effet, on place le pus dans les excréments pour que le malade ne soit pas affligé d’autres furoncles pendant longtemps.

On frotte de la graisse de chien sur les verrues ou sur un furoncle ouvert pour empêcher la peau de guérir avant que la chair ne se soit reformée. La peau provenant du côté d’un jeune chien est aussi très efficace pour faire suppurer les furoncles. (Tiré du site de l’Institut culturel Avataq)

Belles photos de chiens!!

chienviande

chiot

chiencabane

J’ai vu une bête féroce

J’ai vu une bête féroce

Bonjour Annabelle,

Mon périple jusqu’à Inukjuak s’est bien passé… Monte, descend, monte.

J’ai fait mes devoirs pour les défis que tu m’avais donnés…

  • Photo avec le pilote : j’ai pas réussi… Il ne sortait pas de sa cabine!! Au retour, je te promet d’essayer plus fort…
  • Le 1er juillet : il y a des hot-dogs pis des boissons offerts près de la plage demain pour la fête du Canada. Je vais prendre plein de photos!
  • J’ai réussi pour la photo d’arbre : nanananan!! Tu croyais m’avoir?

Arbre Inukjuak

J’ai aussi une petite histoire pour toi.

Elle s’appelle : « Ma première rencontre avec une bête féroce »

Je me baladais à l’extérieur du village là où il a des nouvelles constructions. Je me rendais tranquillement à la jetée pour y admirer un monument érigé à la mémoire des déportées de 1953.

Tout à coup,  je me retourne pour admirer le paysage et je la vois.

Elle était là devant moi, sentant ma présence, elle a cherché à protéger son territoire. À pas de loup,  je me suis approché pour la prendre en photo, mais j’ai quand même gardé mes distances. Le peur était dans mes tripes, de grosse gouttes sont venues perler sur mon front. J’ai pris la photo et je suis partie à reculons en gardant un œil sur elle.

Bête féroce

Mes amis sont perdus

Mes amis sont perdus

Je pars finalement demain, le vendredi 28 juin à 8 h du matin. Arrivée : 13 h 52 à Inukjuak. En attendant, réunion et autre gros projet de photos pour septembre, description et argumentaire à construire… et en plus ma valise est pas faite. C’est pas comme si je partais à Hawaï (1 bikini+1 robe).

J’angoisse de plus en plus sur mon moyen de transport, je prends comme un espèce de taxi volant. J’atterris et je décolle au moins 3 fois. Je vais prier le petit Jésus souvent… Je hais les atterrissages…

Vous pensez que je vais sentir les atterrissages avec ça?
8736820324_665074ce3a_zJe pense maintenant  à mes habits d’hiver que je dois sortir, mais il fait beau là bas, c’est MétéoMédia qui me le dit, et ils ont toujours raison, non?

Température ressentie à Inukjuak : 10 degrés. C’est quand même au-dessus de zéro.
MeteoMedia.InukOK, il va peut-être neiger durant l’été (c’est ce qu’on m’a dit dans mes 428 recommandations et conseils), mais je suis certaine que non. Je suis sûre que non. Dites-moi que non.

Est-ce que c’est moi ou mes amis sont bizarres?
Plusieurs me demandent des trucs étranges, comme si je vais manger du phoque, faire du traineau à chien ou encore aller chasser ou pêcher.

« Tu m’envoie des photos sur le net et surtout tu téléphones. » OK, je veux bien, mais je ne crois pas avoir de réseau de téléphone là-bas, je ne l’ai même pas à Chartierville (vous savez pas c’est où, c’est normal, c’est là où je suis née).

Pour Internet, c’est bon. Je vais l’avoir… Ouf! Il y a bien un fournisseur internet : Tamaani. Leur slogan : L’éloignement sans l’isolement!

Voici les réponses à certaines de vos questions :

  • Non, je ne pourrai pas aller à la chasse aux phoques ou encore caresser des ours polaires. Je ne pars pas en excursion au zoo de Saint-Félicien.
  • Traîneau à chien : au mois de juillet, je suis pas certaine… que sur la roche ça glisse tellement. Et ils se déplacent en 4 roues, comme à Chartierville…
  • Chasser ou pêcher ??? Pêcher peut-être, chasser, non, surtout pas du phoque, ça c’est l’hiver… je crois…
  • Manger du phoque : on verra, mais il faudrait que le petit Jésus me parle.

Je me demande réellement comment mes amis peuvent croire que je vais voir des ours polaires, mais qu’ils ne peuvent s’imaginer que je n’aurai pas de wifi.

Je vous promet que si je vois un ours polaire je fais une photo, mais c’est pas grave s’il est loin?