Je ne vous suis plus

Je ne vous suis plus

Dans le temps, je rêvais que je passerais mes journées à lire et à écrire. C’était beau, il faisait soleil, il y avait toujours une porte ouverte pas loin qui donnait soit sur la mer, soit sur une forêt et un lac, et moi j’étais là, détendue et souriante, buvant le meilleur café au monde, et j’écrivais dans l’allégresse et la béatitude des romans fluides et vaporeux. Le reste du temps, j’étais en voyage et je découvrais des contrées inconnues et des personnes extraordinaires qui nourrissaient mes romans tout aussi extraordinaires. Ouain. Des fois, c’est mieux que les rêves restent des rêves.

Dans mon appartement/bureau/centre névralgique, mon rêve d’antan n’est pas au meilleur de sa forme. La pièce qui me sert de bureau ne possède qu’une fenêtre minuscule qui donne sur la ruelle où des écureuils passent leurs journées à détruire plantes, fleurs et poubelles. Au moins, les petits mammifères que je trouve plus mignons depuis belle lurette, se battent avec l’énergie du désespoir pour trouver et cacher d’hypothétiques réserves pour l’hiver (ou est-ce pour le printemps?). Leur ballet me fait sourire, et comme ils m’ont laissé quelques tomates cet été, je les laisse vaquer à leurs occupations.

Mon bureau s’effondre littéralement sous les papiers : savant mélange de livres, prospectus, revues et magazines, factures, cartes d’affaires, et cahiers de notes. Les yeux me piquent et me brûlent à force de passer trop d’heures devant l’écran. Je saute d’un contrat à l’autre, d’une fenêtre à l’autre, j’écris un peu le matin, et ensuite ma journée de travail commence (je n’ai pas à aller bien loin, je suis ma propre boss dans mon propre bureau), eh oui, je lis et j’écris, mais le soleil ne se rend pas jusqu’à moi et quand c’est le cas, ben je ferme les rideaux parce que ça me pique encore plus les yeux.

Le mystère reste entier pour moi : comme j’ai fait pour me ramasser à faire une job (j’ai pas vraiment de job, je suis à mon compte, j’aime ça dire que j’ai une job, ça rassure ma famille) où il faut être assis 10 heures par jour, en plus que j’essaie de finir mon roman (+ 3 heures par jour) et que j’écris pour plein de blogues et d’autres affaires à gauche à droite parce que je me dis que c’est juste de même que je vais y arriver. Est-ce que quelqu’un sait ça? Mais j’aime tellement ça, que finalement, j’ai ma réponse. Si quelqu’un invente des chaises dynamiques qui nous permettent de faire de l’exercice et de marcher en écrivant, je suis preneuse.

En tout cas, je dois bouger tout le temps. Coudonc, est-ce que me concentrer est plus difficile qu’avant? Je pense bien que oui. Surtout que je vais fleureter sur Facebook ou Twitter toutes les 44 secondes. Je saute d’un article à l’autre, d’un commentaire, d’une émission à une autre, et c’est pour ça que j’ai pris la décision de ne plus vous suivre. Pas dans le sens, ça y est, moi j’ai tout compris, je vais plus sur Facebook ou Twitter (J’ai essayé de me convaincre de me désabonner de FB juste une semaine, parce que me semble que je serais plus productive. Que mon cerveau aurait le temps de ramollir, juste un peu. J’ai essayé de me donner des plages horaires, bon tu peux y aller, entre 12 h et 12 h 45, et 18 h 15 et 20 h. Mais ça marche pas, pis après je me trouve niaiseuse de m’être imposé ces restrictions et j’y vais quand même), mais dans le sens que j’accepte la lenteur. De ne pas avoir lu, tel ou tel article, tel ou tel livre. Que cette série-là, ben je vais pas me mettre à la regarder la nuit pour pouvoir en jaser.

Donc, ne plus vous suivre. Vaincre ma crainte de manquer de quoi. À force, je sais plus rien – où j’ai lu ça, pourquoi je pense ça, ce que j’aurais fait dans telle situation – et d’être une analphabète de la vie, ça me tente plus. Vous connaissez ma propension à vouloir disparaître. Mais comme j’ai pas le courage de Ducharme, ni la maison aux Keys de Michel Tremblay, je vais juste continuer à écrire dans mon bureau qui donne sur la ruelle.

 

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