#Saigon forever

#Saigon forever

Ça devait arriver. C’était sûr. Il n’y a rien que je puisse faire. Je quitte le Vietnam demain, le cœur gros, il va sans dire. Trois mois pour l’explorer du nord au sud, c’était mon super plan. Arrivée à Hanoi, départ de Saigon. Quelque 1700 kilomètres séparent la capitale de la métropole. Bien sûr, j’ai un peu triché en zigzaguant au maximum, en tournant en rond, en faisant des arrêts intempestifs, mais j’ai tout de même maintenu le cap vers le sud. Et j’y suis, à Saigon, et mon avion part demain matin.

Je me revois, les premiers jours à Hanoi, complètement déboussolée, perdue, en pleine crise d’angoisse, au milieu de la circulation, de la pollution, du bruit, loin de tout, seule et désoeuvrée, sans trottoirs pour marcher ou carte assez précise retrouver mon hôtel. Je ne comprenais pas pourquoi j’étais là et le décalage horaire me rentrait en plein dedans. Première fois en Asie, je me disais que j’allais y laisser ma peau et rentrer en pleurant à Montréal par le premier avion.

2015-04-13 17.15.21

Je me demandais surtout ce que j’allais bien pouvoir faire pendant trois longs mois au Vietnam. Une chambre à Hanoi quelques jours, mais rien d’autre de prévu. J’avais pas tellement lu sur le pays, quoi faire, quoi visiter, où aller. Des conseils d’amis grappillés à gauche à droite, des suggestions d’autres voyageurs, des feelings sur des endroits, je me suis laissée porter, j’ai profité, et là, je me demande pourquoi je ne reste pas plus longtemps. Parce que finalement, trois mois, c’est très court. Je pense que je suis devenue une voyageuse pas trop pire (entre la fille qui pleurait de découragement au début à négociante avertie, j’ai fait du chemin).

Je me suis habituée plus vite que je pensais à voyager en solo (en fait, je n’étais jamais complètement seule, les rencontres sont faciles, surtout que je parle à tout le monde), et j’ai beaucoup aimé ça. Seule maître à bord pour toutes les décisions, les directions à prendre, les lieux à visiter, je peux lire-écrire-niaiser-sur-Facebook aussi longtemps que je le veux, ou partir en expédition à 5 h du matin (je ne sais pas pourquoi, mais depuis que je suis au Vietnam, je me réveille entre 5 h et 6 h matin tous les jours), tout ne dépend que de moi.

Aujourd’hui, 30 avril 2015, c’est le 40e anniversaire de la réunification du pays. Ou quand Saigon (devenue Hô Chi Minh-Ville) est tombée ou quand le Nord a gagné, bref, ça dépend de qui en parle, mais bon, c’est une fête nationale. Une partie du centre-ville était fermé à la circulation, une parade militaire et des discours avaient lieu avec des dignitaires d’un peu partout au pays. J’allais pas rater ça, pour ma dernière journée en plus. Mais bon, en m’approchant ce matin du Palais de l’indépendance, tous les routes et accès étaient bloqués, gardés par des barbelés, des militaires, des policiers, des gardes de sécurité. Je n’ai rien vu pantoute, j’ai fait le tour plusieurs fois sous une chaleur cuisante, pour me faire dire partout qu’il fallait une invitation. J’ai donc fait comme tous les Vietnamiens et j’ai regardé la cérémonie (assez plate d’ailleurs) à la télé.

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Saigon était mon objectif ultime. Je la craignais autant que je l’espérais. La mythique capitale du sud me narguait en tendant les bras affectueusement. Son effervescence et bourdonnement dont on m’a tellement parlé pendant ces 3 mois, me titillaient, m’attendaient. J’avais autant envie de la découvrir que de ne jamais y arriver, car c’est là que mon voyage prendrait fin. J’y arpente les rues depuis 3 jours et c’est un concentré puissant du reste du pays, la modernité et les gratte-ciels en plus. J’y ai visité quelques galeries, librairies, cafés, marchés, musées, et le désordre ambiant va nécessairement me manquer, même si ici, il est moins visible qu’ailleurs, quoique, pas en matière de circulation. La démesure a maintenant un nom, et même si la première ligne de métro est en construction, l’amas de motos, scooters, voitures, autobus, vélos, piétons restera impressionnant et chaotique. Et ça va me manquer, oui.

J’irai flâner au marché de nuit pour ma dernière soirée, boirai une petite bière en terrasse en mangeant mon dernier repas vietnamien, flânerai, flânerai, flânerai et aurai une bonne raison de pleurer quand je fermerai pour la dernière fois ma valise demain matin. Saigon forever.

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