Les poutines de la liberté

Les poutines de la liberté

Ce n’est pas un secret, mon roman se passe dans un casse-croûte. Je sais pas trop pourquoi j’ai choisi cet endroit. J’aime les frites modérément, les poutines beaucoup, je n’y ai jamais travaillé, même si j’ai cuit beaucoup de frites et servi beaucoup de poutines quand j’étais ado.

À 16 ans, je me trouvais bien cool. J’avais un chum qui faisait du snowboard. Il avait une petite moustache et un manteau jaune moutarde. Je capotais. On se retrouvait avec d’autres amis les soirs de semaine au mont St-Bruno. On fumait plus de joints qu’on dévalait les pistes, mais bon on était cool. Pour avoir ma passe gratuite, j’ai postulé au restaurant de la station. Et là, WOW! On m’a attitré à la friteuse et au mets le plus convoité de la montagne : la poutine. À chaque shift, j’en faisais des tonnes, pis j’étais ben fière. Frite-fromage-sauce, frite-fromage-sauce. Même Thérèse serait capable, quoique.  

Mon amour des casse-croûte ne m’est pas venu cet hiver-là. En fait, je pense que pour moi, c’est comme un symbole de liberté. J’y vais seulement quand je sors de Montréal, quand je suis en vacances (passer le pont Jacques-Cartier, pour moi, c’est déjà être en vacances). Chaque ville ou village a son casse-croûte, son boui-boui à frites, son comptoir graisseux, sa cabane à patates chambranlante. On a l’impression de goûter un petit bout de province quand on s’y arrête.

Sandra vient des Cantons-de-l’Est et chaque fois qu’on descend voir sa maman à Chartierville, on arrête chez Monique & Marie-Paule. C’est tellement bon, tout est fait maison (même la tarte au sucre), mais le mieux, c’est l’ambiance et la chaleur des proprios. En plus, ça se connaît dans ce coin-là, donc Sandra jase avec tout le monde, pis la vue sur les montagnes est à se jeter par terre.  

En fait, non, je le sais très bien pourquoi mon roman se passe dans un casse-croûte. Il y a tout ce que je viens de vous dire, mais il a aussi qu’une de mes tantes a toujours rêvé de faire un livre sur les meilleures cabanes à patates. À une époque, elle les prenait en photo. Avec elle, aller chercher un hamburger et des frites relevait de l’aventure et je pense qu’elle m’a donné la piqure. Pis en plus, c’est comme mon petit espace de rébellion : mon papa est chef cuisinier et s’il aime bien une fois de temps en temps un petit steame, mettons qu’on mangeait pas trop dans les cabanes à patates quand j’étais petite.

Mon roman a pas juste lieu dans un casse-croûte. C’est sur que c’est le centre d’attraction, là où travaille Marie, ma grande disparue. La Baraque, c’est son chez elle. C’est aussi mon chez-moi, mes vacances, mon espace de liberté. Et ça, ça vaut toutes les poutines et les steame de la terre.

 

Poutine2 Est-ce que c’est juste moi, ou une poutine en photo, c’est dégueu? 

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